MSA BCL : objectif garder le lien et avancer ensemble
Mis à jour le 04/03/2026
Le service prévention des risques professionnels de la MSA BCL expérimente depuis début 2025 l’animation d’un groupe d’exploitants de la filière ovine dans le Loiret. Interview de Philippe Armengaud, conseiller en prévention à la MSA BCL, à l’initiative de cette action.

Philippe Armengaud
Quel est l’objectif de la création de ce groupe ?
Avec mes collègues, Brigitte Ollivier et Caroline Pornet, nous avons constaté que nous organisions des actions ponctuelles sur différentes thématiques de prévention des risques professionnels avec d’une part, des suivis individuels des participants et d’autre part, que nous n’avions pas suffisamment d’interactions avec les professionnels de certaines filières.
Début 2025, nous avons donc souhaité réunir un groupe d’une dizaine d’éleveurs ovins afin de les faire monter en compétences au sein de leurs exploitations et de profiter de cette occasion pour rompre le sentiment l’isolement qu’ils pourraient ressentir.
Concrètement, comment cela s’est-il passé ?
Nous avons proposé à des éleveurs de rejoindre ce groupe expérimental et avons organisé tout au long de l’année 2025 différentes manifestations : une formation à la manipulation des ovins en mars, une visite d’exploitation autour de la réflexion sur la conception des bâtiments d’élevage en juillet, un accompagnement au salon du sommet de l’élevage à Cournon-d’Auvergne en octobre. Pour faciliter les échanges et maintenir le lien, nous avons créé un groupe WhatsApp qui nous permet de leur transmettre rapidement des informations qui peuvent les intéresser et qui leur permet de communiquer entre eux.
Quel est le bilan de cette expérimentation ?
Le bilan est très positif et encourageant ! Nous sommes d’ailleurs en phase de constitution d’un groupe d’éleveurs caprins dans le Loiret. En fait, ils se connaissent mais sans réellement réussir à créer de liens entre eux.
A titre d’illustration, la fille de l’un des exploitants qui était en recherche de stage a été accueillie au sein de l’exploitation d’un membre du groupe. Un autre exploitant me confiant sur le chemin du retour du salon du sommet de l’élevage "ça m’a fait du bien cette journée, sortir de mon exploitation, voir de nouvelles technologies et des nouvelles techniques de travail, partager avec mes collègues nos expériences, nos besoins, nos contraintes sur notre métier, et aussi avoir quelques réponses afin de faciliter notre organisation de travail ".
Cette dynamique que la MSA BCL impulse permet aux exploitants de prendre un peu de temps pour eux. Ils choisissent les thèmes des actions que nous déployons et ont ainsi plaisir à y participer ainsi qu’à se retrouver.
Le programme des animations 2026 est en cours d’élaboration suite aux souhaits qu’ils ont exprimés en janvier dernier.
Quelle est votre vision de l’avenir de ces groupes ?
Créer et faire vivre ce type de groupes demande un investissement humain important et la plus-value est certaine. Nous suivons les exploitants, nous avançons avec eux avec un programme qui permet des rencontres régulières sur des thèmes différents. En outre, ils ne se sentent plus seuls.
Le succès de cette expérimentation nous porte à créer d’autres groupes. Cependant, pour maintenir le rythme, nous souhaiterions que les groupes que nous impulsons puissent, à terme, s’organiser et vivre des choses de façon pérenne, de manière autonome, tout en restant leur référent sur la prévention des risques professionnels.
Cette initiative est-elle également menée sur d’autres territoires ?
Elle ne semble pas très répandue au regard des échanges avec nos collègues de différents organismes. Pour autant, le Plan Santé et Sécurité au Travail 2026-2030 de la MSA BCL prévoit la création d’au moins un groupe de ce type dans chaque département. Cette expérimentation sera aussi l’occasion d’un retour d’expérience au niveau national.





